Dans le
détail :
La
démocratisation des disques durs rapides et
volumineux, des prises Firewires (IEEE1394) sur
les PC, la venue des graveurs de DVD,
le prix des modèles de caméscopes entrée de
gamme, la qualité et convivialité des logiciels
de montage... tout concourt décidément à
la démocratisation des caméscopes numériques.
En
entrée et milieu de gamme, le principal format
numérique grand public actuel est le DV (MiniDV).
Notez que le D8
(Digital8) propose la même qualité d'image mais
est en passe d'être abandonné : ces modèles D8 sont un peu plus
lourds et volumineux que leurs homologues DV ce
qui n'est pas toujours un inconvénient en terme
de stabilité d'image mais reste moins pratique
pour les itinérants ou les prises de vue
discrètes. Reste que les modèles D8 permettent
généralement de relire les cassettes Hi-8
enregistrées sous format analogique et peuvent
alors servir de
convertisseur Analogique -> DV, fonction qu'ils
remplissent d'ailleurs avec grande efficacité.
En haut de
gamme, les formats HD que sont l'HDV et l'AVCHD
sont en concurrence : si tous deux proposent une
résolution de capture de 1920x1080, le format
HDV, avec son débit à 25 Mo/s, offre un meilleur
rendu que le format AVCHD qui lui travaille avec
un débit de 13 Mo/s et est donc plus
destructeur. Mentionnons de plus que les
logiciels traitant l'AVCHD sont moins répandus.
La meilleure qualité sur les écrans plats est obtenue avec les
modèles capables de filmer en mode progressif
(1080p) plutôt qu'en mode entrelacé (1080i).
Notez que ce
type de produit reste plus coûteux et s'adresse
avant tout aux amateurs fortunés possédant un ordinateur performant pour le montage
et/ou un écran Full HD pour profiter au mieux du
résultat. La visualisation des films sur un
téléviseur Full HD est en contrepartie tout à
fait saisissante.
Parmi les intérêts majeurs de tous ces
caméscopes numériques, il faut
citer :
- La
conservation parfaite dans le temps et recopie
après recopie de la qualité de l'image : que
l'archivage soit réalisé sur une cassette
numérique ou sur un support
inscriptible DVD, ou même éventuellement sur un
disque dur ou un lecteur à bande, les données
sont numériques et il n'y a pas de perte tant
que le media d'archivage est lisible et que les
données sont stockées au format d'origine.
- La facilité
de montage et l'absence de nécessité de
conversion Analogique / Numérique lors de la
phase dite "d'acquisition" qui n'a donc plus
réellement lieu puisqu'il s'agit d'un simple
transfert de données numériques depuis le
caméscope vers le disque dur de l'ordinateur. Au final, il est même possible
de piloter le caméscope afin de permettre de
lancer le montage directement depuis la bande
vers le disque dur, via le port IEEE. Enfin, il
est aussi possible ensuite de sauver le résultat
du montage sur le caméscope (si ce dernier a
bien une entrée DV active) au format DV cad
toujours sans perte et sans avoir à aucun moment
brisé la chaîne du numérique ou avoir fait de
compromis sur la qualité d'image. Le prix
raisonnable des cassettes DV permet donc alors
l'archivage avec la meilleure qualité qui soit.
La diffusion des vidéos pourra elle se faire
avec une qualité vraiment honorable et à très
faible coût : avec un codec comme le DivX il est
possible de mettre sur un CD-R une heure de
vidéo avec une qualité déjà fort sympathique.
Sans parler des possibilités désormais offertes
par les graveurs de DVD : vous pouvez désormais
créer vos propres DVD vidéos fort simplement.
-
Leur très bonne compacité et leur faible poids,
tout particulièrement dans le cas de certains modèles DV
(parfois aussi dénommés Mini DV).
- La très
bonne qualité générale des prises de vue avec un
éclairage suffisant et l'existence de modes de
capture nocturne sur certains modèles.
En marge des caméscopes
utilisant des cassettes comme média
d'enregistrement, il faut aussi mentionner :
- Les
caméscopes à disque dur :
leur avantage est de filmer directement dans un
format compressé (MPEG2 par exemple), de permettre de réaliser
directement et simplement un DVD Vidéo. Par
rapport à une cassette vidéo, la phase
(préalable au montage) d'import vidéo dans votre
ordinateur est nettement plus rapide. En
contrepartie, à même qualité d'image, ils
restent plus
coûteux que les modèles MiniDV et les formats
compressés sont moins adaptés au montage vidéo.
Mentionnons aussi que l'absence de bande
magnétique est un inconvénient
en matière de pérennité des données et
que le volume des données à stocker sur le
disque dur (si vous ne gravez pas sur DVD ou que
vous souhaitez avoir un double) est très élevé !
- Les
caméscopes à DVD qui permettent, comme leur
dénomination l'indique, de filmer sur un petit
DVD (8cm). Ce DVD est ensuite lisible
directement sur le lecteur de salon ce qui
permet un partage et une diffusion immédiate des
films : en contrepartie, en bonne qualité
d'image (équivalente à celle des caméscopes MiniDV), leur autonomie d'enregistrement n'est
que de 20 minutes (40 minutes pour les modèles
compatibles DVD double face) et ils sont moins adaptés au montage. Mentionnons que, là aussi,
l'absence de bande magnétique est
un inconvénient en matière
de pérennité des données.
- Les
caméscopes à cartes mémoires qui filment donc,
par exemple, sur une carte SD. Les meilleurs
d'entre eux proposent désormais une bonne qualité
d'image et il existe même des modèles HD. La
durée d'enregistrement est en passe d'être un
problème appartenant au passé avec la
démocratisation des cartes mémoires de 8 Go
et plus. Enfin, ces modèles à cartes mémoire
sont de loin les plus légers et compacts.
Voici
les critères principaux de choix d'un caméscope numérique,
accompagnés des explications techniques liées :
-
Le stabilisateur d'image
: ce dernier peut être optique ou numérique. Les
stabilisateurs numériques équipent les modèles
d'entrée et milieu de gamme alors que les
stabilisateurs optiques moins courants sont plutôt
réservés au haut de gamme. Les résultats sont
meilleurs avec un
stabilisateur optique même si la différence
s'atténue de plus en plus avec la venue de
capteurs de résolution toujours plus élevée.
-
La résolution du capteur
: il s'agit d'un des gros pièges de la machine
marketing. L'image au format DVD est composée de
720x576 pixels et nécessite donc un capteur
actif de 414.720 pixels. Les capteurs de plus
grande taille sont cependant utiles pour :
* Stabiliser
l'image électroniquement car ils donnent la
"marge d'acceptation du bougé". En effet, les
pixels au-delà des 414.720 sont notamment
utilisés pour faire fonctionner le stabilisateur
numérique. Cependant au delà d'un certain seuil
même pour cela ils ne sont plus utiles.
* Améliorer
un peu la qualité de l'image, même s'il n'y a
aucune relation de proportionnalité et si cela
reste fort complexe. Plus d'informations sur le
sujet
sur cette page.
* Les
vendeurs ... et responsables marketing : afin de
mettre un produit plus cher en avant grâce aux
chiffres élevés.
* La photo "caméscopique".
La qualité et résolution des prises de vue ne
sauraient être un critère d'achat dans la mesure
où, même sur les modèles haut de gamme les
photos restent d'une résolution et qualité
inférieures à celles obtenues avec un appareil
photo numérique d'entrée de gamme : il ne peut
donc s'agir que d'un usage d'appoint en
pratique. Quelle que soit la taille du capteur,
les photos prises ne sauront dépasser le format
720x576 (cad 414.720 pixels) si elles doivent
être enregistrées sur la bande cad en l'absence
de cartouche mémoire. La présence d'un slot et
d'une cartouche mémoire (Mémory
Stick, SD) permet de s'affranchir de cette
limitation.
Pour conclure
simplement sur la résolution du capteur : hors
résolution HD, un
capteur de 800.000 pixels est tout à fait
suffisant pour l'image vidéo, même dans le cadre
d'un stabilisateur numérique. Bien entendu, avec
un stabilisateur optique un capteur supérieur ou
égal à 414.720 pixels sera suffisant pour
l'image vidéo.
Enfin, il est
bon de signaler qu'une télévision classique (non
HD-TV) et une cassette VHS disposent de
résolutions nettement inférieures (NTSC à 352x240
et PAL à 352x288), même s'il y a entrelacement.
Il en résulte que quel que soit le caméscope
actuel dont vous ferez l'acquisition, pour une
retranscription sur cassette VHS, la qualité du
rendu final sur ce support ne pourra guère
varier en fonction de la résolution du caméscope.
-
La qualité de l'image et
le capteur : dans le domaine du grand
public les capteurs sont généralement de type Mono CCD.
En très haut de gamme pour le public, voire en
semi-professionnel et professionnel, des modèles
TRI CCD existent : ces derniers disposent alors
d'un capteur par couleur (Rouge, vert et bleu).
La différence de qualité d'image est tout à fait
perceptible mais le prix a pour conséquence que
ce type de caméscope numérique reste réservé aux
plus passionnés et fortunés. Sans compter que,
pour un usage familial, l'image est déjà très
sympathique avec un modèle classique à capteur
MonoCCD.
-
La qualité audio :
pour avoir le meilleur rendu audio possible, il
convient de s'assurer que le micro est éloigné
de la partie mécanique du caméscope et qu'il est
possible d'ajouter un micro extérieur (prise
micro voire porte-griffe pour le micro).
Dans
l'ensemble la qualité audio sur les modèles
récents est fort honorable et est d'ailleurs de type CD-Audio
en matière de fréquence d'échantillonnage.
Cependant, la qualité de la prise son variant
beaucoup d'un modèle à l'autre, l'achat
ultérieur d'un micro directionnel (conditionné
justement par la possibilité d'ajouter un micro
extérieur), pourra grandement améliorer la
qualité de la prise son si cette dernière devait
laisser à désirer.
-
Le zoom : le
coefficient de zoom optique est le plus
important à considérer. Le zoom numérique
fonctionne par interpolation et l'image est de
fait toujours un minimum dégradée, sans parler
des problèmes de stabilité d'image, à moins
d'utiliser un trépied. Attention donc aux
chiffres mirifiques mis en avant par les
constructeurs et concentrez-vous surtout sur la
valeur du zoom optique.
Si vous
souhaitez faire des films familiaux au plus
confortable et en intérieur, vous devrez vous
intéresser à la largeur de champ : par défaut,
sur la grande majorité des caméscopes grand
public, il faut s'éloigner de plusieurs mètres
pour cadrer une personne ce qui peut être
inconfortable en intérieur. Ceci peut être
parfois corrigé en faisant l'acquisition d'un
objectif grand angle, mais ceci uniquement si le
caméscope l'autorise.
-
Les modes de
fonctionnement : les modes tout
automatique sont de qualité et fort pratiques.
Cependant les plus puristes d'entre vous
pourront s'attacher à vérifier que les
principaux réglages manuels (balance des blancs,
focale, mise au point, vitesse...) sont
disponibles.
-
La taille, le volume et la
forme : les caméscopes tendent à devenir
de plus en plus petits/légers et même si cela les
rend toujours plus transportables, cela n'a pas
que des avantages. Ainsi en pratique, la
diminution excessive du poids les rend moins
stables en main et la diminution du volume peut
rendre l'accès aux boutons délicat (il n'est
plus rare d'appuyer sur plusieurs boutons
simultanément par mégarde et faute de doigts de
fée).
D'autre part
les caméscopes numériques existent en deux
"formes" : ils sont dits "verticaux" ou
"horizontaux". Les modèles "horizontaux" ont la
forme classique plus allongée et plus tubulaire
là où les modèles verticaux sont plus
rectangulaires.
Curieusement
et bien que la mode soit aux nouveaux modèles
"verticaux" qui ont d'ailleurs fière allure,
tout semble indiquer qu'à l'usage et en pratique
les modèles "horizontaux" à forme plus classique
sont nettement plus stables en main et que les
films résultants sont de fait souvent plus
agréables à voir.
-
Les connexions d'entrées
et de sorties : les caméscopes récents
ont tous une sortie DV cad au format IEEE1394
afin de permettre le transfert des vidéos sur
l'ordinateur. Ils disposent aussi tous d'une
sortie A/V composite et d'une sortie SVidéo afin
de permettre leur connexion sur une télévision.
Les modèles haute définition les plus récents
proposent aussi désormais
un port HDMI
qui sera bien pratique pour une visualisation
sur un téléviseur HD.
Les options
portent sur les entrées de même type. Si le
connecteur d'entrée SVHS n'est pas toujours
indispensable (suivant votre usage prévu cad si
vous n'avez pas besoin de numériser de films
analogiques), il en
est autrement du connecteur d'entrée DV. En
effet, la cassette DV ou Hi8 sera le support
d'archivage le plus économique pour les films
montés et/ou les prises de vue initiales (rushs)
en qualité optimale cad au format DV : même les
DVD-R et les disques durs, pourtant de moins en
moins coûteux sont loin de permettre un tel
rapport capacité de stockage/prix puisque les
cassettes 60 minutes sont couramment trouvables
à 6 Euros et stockent environ 13 Go de données
au format DV. Enfin, ajoutons que ces cassettes
(DV comme Hi8) sont le support d'archivage (de
rushs et/ou de montages) qui sera parmi les plus
fiables dans le temps.
Pour finir ce
raisonnement il faut préciser que concrètement
si l'entrée DV vous manque par la suite, vous ne
pourrez pas en ajouter une à votre caméscope (à
moins d'un éventuel "débridage", cf. ci-dessous,
mais attention à la garantie). A
contrario, si l'entrée SVHS vous manque, vous
pourrez toujours ajouter une
carte d'acquisition PCI à votre PC, carte qui vous permettra de
numériser vos films analogiques.
En
conclusion : pour toute personne désireuse de
faire du montage vidéo la
présence d'une entrée DV est, à mon sens,
indispensable.
NB : les
caméscopes vendus en Europe sont parfois
volontairement bridés par le constructeur afin
de ne pas avoir à payer la taxe sur les
magnétoscopes. Suivant les modèles l'opération
de "débridage" est une intervention matérielle ou
logicielle et peut rendre ou pas caduque la
garantie de votre appareil. Plus d'informations
sur
ce site,
ce site et
ce site.
-
Le viseur et l'écran LCD
: un viseur de bonne qualité générale sera
évidemment un plus, et si possible en couleur,
même si ce critère de couleur n'est pas
obligatoirement rédhibitoire en entrée de gamme
dans la mesure où le viseur se révèle précis et
bien fonctionnel. L'écran LCD est fort utile
pour ajuster la visée dans des positions non
classiques (avec le caméscope à bout de bras par
exemple) mais il consomme beaucoup (voire
énormément) d'énergie et
ne sera que peu ou prou utilisable en plein
soleil (sauf à rajouter un pare-soleil).
-
Les accessoires inclus
: ils sont importants car ils peuvent être fort
coûteux et leur présence peut donc être un plus.
*
L'accumulateur d'origine est couramment de
faible capacité (parfois seulement 1h00
d'autonomie) et il sera sage de prévoir dans le
budget d'origine l'acquisition d'un second
accumulateur, par exemple d'autonomie 2h00. Les
accumulateurs génériques (non estampillés de la
marque du caméscope) existent en général et tout
semble indiquer qu'ils sont tout à fait
honorables tout en étant proposés à moindre coût
(à ampérage égal et donc autonomie égale).
* La présence
d'un chargeur interne sera un plus pour la
compacité du tout mais un chargeur externe, qui
risque de se révéler fort volumineux
comparativement au caméscope, sera utile pour
recharger la première batterie pendant que vous
enchaînez avec la seconde. Il faut noter que
généralement on ne peut pas se servir du
caméscope lorsque la batterie est en charge.
* La présence
d'un sac de transport : il n'est généralement
pas inclus et il se révèle tout à fait
indispensable pour transporter le caméscope en
toute sécurité.
* La présence
éventuelle d'une carte Firewire PCI et d'un
logiciel de montage.
* La présence
d'une torche intégrée ou d'un support pour en
ajouter une : cette option se révèlera très
utile pour les prises de vue avec faible
luminosité.
-
Le nombre et la taille des
capteurs : les caméscopes TriCCD ou
encore HDV offrent
une meilleure image mais restent nettement moins
abordables. Dans tous les cas, si vous voulez
départager deux caméscopes vous pouvez consulter
les documentations techniques des produits afin
de vérifier la taille du ou des capteurs : plus
il sont grand, mieux c'est.